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Peux-tu
nous parler de ton parcours dont l’originalité commence
bien avant l’ISG ?
Je pourrais même dire « mon long parcours
professionnel » puisque j’ai passé la quarantaine
et que je suis entrée dans la vie active à 20 ans.
Les années précédant ce bel âge limitaient
mes périodes d’activées professionnelles aux
week-end et vacances scolaires et m’ont conduit successivement
à être baby-sitter (plus de 50 enfants ont ainsi
subi mes bons soins), femme de ménage, serveuse dans une
pizzeria ou encore employée de services dans plusieurs
hôpitaux et maternités. 20 ans donc, mon bac en poche
(tardif certes mais j’étais plutôt du genre
fenêtre et radiateur), je pars à Londres où
les petits boulots se succèdent : femme de ménage
dans un hôtel, réceptionniste dans un restaurant
français et enfin, super méga promo (!) : vendeuse
de chaussures sur New Bond Street dans le non moins sélect
magasin « Russels and Bromley ». Retour en France
après 10 mois pendant lesquels j’ai certes progressé
en anglais mais pas vraiment sur mon désir de devenir quelqu’un
dans la vie (du genre « Contrôleur de gestion »
et diplômé de l’ISG). |
En
1984, inscrite en 1ère année de Langues Étrangères
Appliquées à Grenoble, je réponds à une
annonce pour un poste de réceptionniste standardiste à
temps partiel chez Hewlett Packard, pour financer mes études.
Quelques temps après mon embauche, on me propose ce même
poste à temps plein, j’accepte. C’était l’époque
des belles années des constructeurs informatiques au cours desquelles
les propositions internes étaient courantes… et je me retrouve
ainsi en 1985 à faire de la gestion de stocks non seulement pour
l’usine HP France mais aussi pour les différentes divisions
américaines et européennes. Douze mois passent, je rencontre
dans les couloirs une étudiante qui me parle de l’ISG…
Six mois plus tard, je passe le concours réservé aux admissions
parallèles et j’intègre l’ISG en septembre
1986 avec un congé formation d’HP qui prend en charge les
deux premières années à l’ISG (je financerai
la troisième année en donnant des cours d’informatique
aux élèves de 1ère année).
Puis je réintègre HP dans la division commerciale pour
mon stage de 3ème année. Je passe mon examen de sortie
le 8 mai 1989 (avec Patrick GEORGELIN comme Président de jury)
et j’intègre l’école des ventes HP dès
le lendemain pour une formation technique et pratique de 3 mois. Je
deviens ensuite responsable marketing. Je suis débauchée
en 1991 par une ancienne d’HP qui me propose un poste de Directrice
Communication Europe pour la société : « Network
Equipment Technologies », fabricant d’équipements
de télécommunication. J’en serai licenciée
économique dans de très bonnes conditions en 1994…
En 1996, je crée la société de Marketing &
Communication : « A16 » spécialisée en Relations
Presse pour les entreprises américaines qui s’implantent
sur les marchés européens. En 2003 (et 3 enfants plus
tard) : Je suis nommée Présidente de la Maison de ventes
aux enchères « Rossini
», rachetée par une holding dont les dirigeants sont des
anciens d’HP et avec lesquels j’avais gardé des contacts…
Mon challenge : restructurer une entreprise de 20 personnes et la rendre
bénéficiaire. Challenge réussi la société
passe d’un chiffre d’affaires de 6,7 Millions d’Euros
en 2003 à 11,3 Millions d’Euros en 2004. 2005 : l’aventure
continue….
Pourquoi as-tu choisi ce challenge, n’étant pas
Commissaire-priseur et n’ayant pas fait d’études
d’Art ?
D’un point de vue professionnel, je ne pouvais qu’être
tentée de relever le défi et d’amener des techniques
d’entreprise dans un secteur qui ne les maîtrise pas. Aidée
par des conseils extérieurs, en ce qui concerne la finance et
le juridique, j’ai structuré la partie organisation et
gestion des stocks, et j’ai pris en charge le marketing et le
développement commercial.
D’un
point de vue émotionnel, c’est un métier passionnant
dans un marché extraordinaire où chaque jour je
suis en contact avec des objets uniques chargés d’une
histoire et où les connaissances sont sans fin. Les musées
m’éloignaient des objets ; je ne pouvais que les
regarder. Aujourd’hui, je suis dans les premières
à les découvrir, à les toucher et à
connaître leur vie. C’est un luxe !
Enfin,
je profite souvent de «montées d’adrénaline»
inoubliables. Pour l’anecdote, le 6 juin dernier, Maître
Patrick Dumousset, commissaire priseur chez « Rossini »,
a mis en vente un bronze qui, dans un premier temps, avait été
estimé à 35.000 Euros. Puis l’expert, en approfondissant
ses recherches, a constaté que cette pièce, une
Vénus, provenait de la collection de Richelieu. L’Expert
a alors revu son estimation à 300.000 Euros ...après
une bataille entre deux antiquaires anglais, elle a été
adjugée à 1,2 million d’Euros ! En 18 mois
d’activité, c’est la troisième fois
que j’assiste à de telles envolées d’enchères
: c’est fascinant ! |
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Ce qui a changé dans
le secteur des ventes aux enchères •
En 2000, la législation a transformé
le statut des Commissaires priseurs. De profession libérale,
il devient commerçant (tout comme pour les Agents de change
dans les années 80). Le marché s’ouvre alors
sur l’étranger et évolue.
Initialement, les ventes provenaient
essentiellement du réseau des notaires qui, dans le cadre
de la gestion des successions, font appel aux Commissaires-priseurs
qui, en leur qualité d’officiers ministériels,
inventorient les biens et les vendent.
L’ouverture du marché permet l’arrivée
en France de maisons de vente telles Christie's et Sotheby's.
Celles-ci recrutent des Commissaires priseurs français
qui, pour des questions juridiques propres à la France,
sont les seuls habilités à taper le marteau et à
signer le procès verbal de la vente.
Les maisons anglo-saxonnes utilisent toutes les techniques de
l’entreprise et modifient le paysage des ventes aux enchères
qui se spécialisent et se déclinent par thématiques
(mobilier et objet d’Art du XVIIIème, tableaux modernes,
joaillerie, orfèvrerie….)
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Certains
Commissaires priseurs français comprennent les enjeux de
cette nouvelle donne et décident de s’associer au
sein d’une même structure : c’est ainsi que
la maison de ventes « Rossini » voit le jour en 2000.
Par manque de connaissances en stratégie et développement
de marché, « Rossini » s’essouffle rapidement.
En 2003, Françoise THOMAS est approchée pour prendre
la Présidence de cette maison de ventes. |
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Peux-tu
présenter Ubatuba, l'entreprise que tu as créée?
Ubatuba
est une entreprise de création récente basée
à New York dont la vocation était au départ
de présenter des artistes brésiliens renommés
dont les créations uniques, très appréciées
des architectes et décorateurs d'intérieurs, sont
habituellement présentées dans des musées.
Le Brésil possède en effet une grande richesse artistique
qui mérite d’être connue mondialement. Aujourd'hui,
Ubatuba accentue sa collaboration avec le Brésil en lançant
un concept unique, qui est non seulement de représenter des
artistes brésiliens à travers le monde, mais également
de proposer dans un même espace meubles, sculptures, peintures,
photographies... des plus grands artistes brésiliens. Fini
les tableaux, sculptures, meubles présentés seuls,
Ubatuba propose dans un même espace une harmonie artistique
dans laquelle le visiteur est amener à voyager et à
générer des idées créatrices pour l’aménagement
intérieur de son habitat. |
D’où
vient le nom UBATUBA ?
«
Ubatuba » est un mot du langage Tupi des indiens du Brésil
qui veut dire « beaucoup de bois ». Nous avons choisi ce nom
parce que nous avons commencé avec des artistes travaillant avec
des bois tropicaux de leur pays (du reste recyclés ou certifiés
par des organismes écologiques). Ubatuba a en effet une conscience
écologique et également sociale puisqu’une partie
des bénéfices réalisés est remise à
l’ONG « Pastoral da Criança » – www.pastoraldacrianca.org.br
qui vient en aide à des enfants défavorisés.
Comment
se déroulent tes journées ?
Je
suis un des fondateurs d’Ubatuba, jeune société et
par ailleurs son dirigeant. Mes tâches sont donc très variées
et vont de la stratégie comme la définition et le pilotage
du business plan à l’opérationnel comme la recherche
d’artistes, la négociation de contrats, la promotion d’artistes,
la distribution, etc.
Pourquoi
avoir choisi New York ?
J’ai
toujours voulu aller vivre à l’étranger pour découvrir
ce qui se passe ailleurs. Je voulais au départ partir dans un pays
anglo-saxon pour pratiquer mon anglais des affaires et découvrir
une autre culture. J’ai écarté l’Angleterre
car j’y avais déjà passé une année avant
l’ISG, et Sydney, Los Angeles, Atlanta et Miami malgré des
offres d’emploi intéressantes. Mon choix s’est porté
sur New York car le timing était parfait, la mission que me proposait
un ancien, Stéphane RENARD, très intéressante et
j’avais un bon feeling avec ce dernier. Je ne regrette pas ce choix
: New York est aujourd’hui la ville idéale, c’est une
ville d’action, très dynamique faite pour les entrepreneurs,
tout y est possible !
Quels
souvenirs gardes-tu de l’ISG ?
Avec
un bachelor en poche, je suis rentré à l’ISG directement
en deuxième année et la troisième j’étais
en stage à l’étranger, je ne me suis donc pas trop
éternisé sur les « bancs de l’école ».
Je garde cependant un très bon souvenir de l’énergie
que dégageait notre Doyen et de son attitude positive à
porter les couleurs de l’école.
Que
penses-tu que l’ISG t’ait apporté avec le recul ?
Jeune
diplômé, j’ai peu de recul encore mais je suis conscient
que l’ISG m’a permis d’étudier et de travailler
à l’étranger comme je l’avais toujours souhaité.
En fait, j’avais une approche très professionnelle des cours.
L’ISG m’a apporté à ce titre une vision globale
des affaires et la confirmation de mon goût de l’entreprenariat.
As-tu
conservé des relations avec d’anciens camarades d’école
?
Oui
bien sûr ! Mon comptable, Arnaud GIROD, est un camarade d’école.
Et puis je suis souvent en relation avec Stanislas LE FAOU, devenu Chef
de Pub chez NRJ, avec lequel j’ai partagé un bout de chemin
à New York et que je vois régulièrement ainsi que
d’autres quand je suis de passage à Paris.
Et
à New York ?
Je
collabore, avec Alain RIGAL, Président de la Délégation
USA de l’association des anciens à développer les
relations entre les anciens expatriés outre Atlantique. Nous nous
retrouvons par exemple plusieurs fois par an dans le cadre de dîners.
Je vois également de temps en temps mon ancien boss Stéphane
RENARD de chez Siemens ou encore Marc BOSC dans le cadre d’afters
work et qui lui travaille pour une banque israélienne.
Travailles-tu
avec des ISG ?
Pas
encore, mais j’espère que mes recherches d’investisseurs
financiers pour créer d’autres galeries Ubatuba dans d’autres
pays et de partenaires du même secteur intéressera des ISG.
Peux-tu donner quelques conseils pour les jeunes ISG ?
Tout
d’abord : Bonheur ! Sachez ce que vous voulez, soyez heureux dans
ce que vous faites et communiquez le. Ensuite, soyez confiant : ayez de
l’ambition, traduisez la en actions et n’abandonnez jamais,
soyez sûrs de vous. Enfin, visez toujours plus haut, ne vous donnez
pas de limites.
Un
conseil spécialement à destination des jeunes qui veulent
travailler à l’étranger ?
Un
départ à l’étranger se prépare : il
faut savoir ce que l’on en attend. Rencontrez vos aînés
qui sont passés par là, ils ont toujours des bons tuyaux
à vous communiquer. Si vous n’êtes pas pressés
de partir, intégrez un groupe français ou européen
à vocation internationale ou encore mieux, intégrez une
entreprise étrangère en France susceptible de vous envoyer
à la maison mère. Et puis, n’ayez pas peur de la barrière
de la langue…
As-tu
une passion en dehors d’Ubatuba ?
Une
passion, je ne sais pas. Par contre, j’adore voyager et puis, je
suis également un footeux dans l’âme…
Comment
te ressources-tu ?
Comme
tout jeune entrepreneur dans la jungle New Yorkaise, les 35 heures ressemblent
plus à 70… Donc il est difficile pour moi de sortir de mon
business. Le seul moyen de me ressourcer, hormis le sport, c’est
la méditation.
Poursuis-tu
un rêve ?
Un
rêve peut être pas, mais je me suis en train d’écrire
une belle histoire.
Pour
en savoir d’avantage www.ubatubacollection.com
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