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25 février 2020
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PORTRAIT D'ALUMNI : FREDERIC VALOGNES ISG PROMO 97 : ingenieur financier et écrivain

Interrogé par le Magazine Dog Finance Frédéric Valognes ISG 97 fait part de par son expertise de son constat sur le contexte et la perspective des FINTECH!

Un article qui intéressera tous les férus de finance que nous partageons avec vous.

A lire ci dessous :

  • Pouvez-vous nous présenter en quelques lignes votre parcours ?

Je suis intervenant régulier en écoles de gestion, outre mes activités de conseil en valorisation d'entreprise. J'ai exercé durant une quinzaine d'années dans l'industrie de la gestion d'actifs financiers, en France, et dans des destinations lointaines, notamment comme encadrant d'équipes dans les activités de contrôle d'opérations de marchés.

A l'opportunité de transmission du savoir à un public varié sur les sujets ayant trait aux techniques de finance d'entreprise, et de finance de marchés, j'ai publié en novembre 2019 un ouvrage de référence intitulé Finance aux éditions Ellipses, qui s'adresse aux étudiants d'écoles de gestion, mais également aux praticiens qui voudraient parfaire leurs connaissances théoriques.

 

  • Quelles tendances remarquez-vous dans le secteur des fintech de manière générale ?

Les entreprises de fintech, qui ont émergé de la crise financière de 2008, répondant à un besoin évident de l'industrie de la banque de devoir uniformiser et sécuriser les processus de traitement de données et d'automatiser les opérations de service à la clientèle, ont depuis ces dernières années structuré leurs moyens, notamment en initiant une consolidation des acteurs du domaine, mais également en rendant possible des levées de fonds conséquentes dépassant la centaine de milliards d’euros par an, en constante augmentation !

Cet essor, désormais mondial, et dans l'objet de vouloir réduire le risque inhérent aux activités des acteurs du système financier, les néobanques poursuivront dans la nouvelle décennie la diversification de leurs offres à l'nternational, donnant l'opportunité à des spécialistes des nouvelles technologies blockchain de développer leur savoir-faire, spécifiquement dans l'émergence de l'assurtech, dans la tendance observée de parfaire la maîtrise du KYC, de la lutte anti-blanchiment, ou bien de la gestion de l'identité numérique.

 

  • Quels métiers voyez-vous émerger ?

De l'évidence, de nouveaux métiers dans le domaine bancaire ont été rendus possibles, faisant évoluer ceux habituellement connus dans l'industrie bancaire traditionnelle : les néobanques vont accroitre leurs moyens, et on doit se résoudre à prévoir une influence grandissante de ces nouveaux acteurs constamment présents dans notre vie quotidienne, par la poursuite inexorable de la digitalisation.

Cependant, laissez-moi exprimer mes plus vives réserves sur l'effet bénéfique de créations d'emplois dans le secteur bancaire dans les années à venir : il est à craindre que la destruction des activités de l'ancienne industrie ne sera que partiellement remplacée par l'avènement de ces nouvelles technologies. L'amère constat en a été fait ces dernières années auprès des intervenants européens de la bancassurance, ajouté à la dynamique de la délocalisation des activités considérées trop coûteuses vers les pays émergents.

 

  • En quoi les fintech révolutionnent t-elles le monde de la finance ?

Cela est définitivement un changement de paradigme, et donc résolument une autre manière de travailler et d'évoluer dans l'industrie bancaire et des services financiers. Une tendance, non. Une révolution et un changement durable oui. Les années 2000 on vu l'amorce de cette évolution ; la décennie 2010 en voit son application et son acceptation de tous, bon gré mal gré.

 

  • Quelles régions françaises sont les plus attractives pour les fintech ?

Il n'est pas évident de répondre à cette question. Le maillage de ces industries est articulé sur l'ensemble du territoire français, cependant plus majoritairement dans des bassins d'emplois qui attirent ces entreprises par des avantages incitant les projets innovants, ou développant des pépinières d'entreprises.

Certaines régions de France, ou Chambres de commerce, au cas-par-cas proposent des programmes attrayants pour les nouveaux intervenants du secteur. La CCI de Caen-Normandie organisait un forum pour regrouper les intervenants de la fintech en mars 2019… un évènement similaire s'est déroulé à Bordeaux en octobre 2019 en partenariat avec un cabinet privé et une école de commerce. D'autres événements ont eu également lieu sur Paris, Nantes ou Lyon...

Il en reste que face à la profusion erratique de nouvelles PME s'essayant dans le domaine, un jour viendra où une régulation naturelle du secteur permettra d’en identifier la réelle implantation de celles qui subsisteront dans les années à venir.

 

  • Quels sont les différences en matière d'innovation des fintech françaises par rapport à celles en Europe et à l'international ?

Je ne crois pas que l'on puisse mettre en comparaison les spécificités des innovations des fintech françaises par rapport à celles des autres pays d'Europe : bien souvent des entreprises nationales collaborent avec d'autres au-delà des frontières. On se tenterait d'opposer Paris et Berlin pour s'attribuer la primauté du dynamisme dans le secteur… souvent sont évoqués Londres, Dublin, Amsterdam, ou Lisbonne…

Bon nombre de fintech on un rayonnement international, bien qu'elles aient émergé d'un pays identifié : des néobanquesproposent des services de paiements transfrontaliers à des clients de tous horizons, certes pourvoyeuses de comptes courants à ces derniers, mais résolues à développer des services innovants afin de rivaliser avec les intervenants historiques. Les plateformes fintech sont résolument «"d'ici-et-d'ailleurs "!

 

Frédéric Valognes


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