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PORTRAIT D'ALUMNI : ZINEB EL HAMMOUMI, ISG PROMO 2002, DE L'EVENEMENTIEL A L'ENSEIGNEMENT AU MAROC. ELLE EST AUJOURD'HUI COACH ET CONFERENCIERE, ENGAGEE DANS DES CAUSES NOBLES ! UN PARCOURS AUX MULTIPLES FACETTES !

29 août 2023 Association
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Florence Delsaux :  Bonjour Zineb peux tu nous parler de ton parcours après ta sortie de l'ISG ?

 

Zineb El Hammoumi : Bonjour Florence, je te remercie de m’avoir contactée pour parler de mon parcours ; un réel plaisir de participer à ces portraits des Alumni.

Après mon stage de fin d’études au sein de Coca-Cola Entreprise à Issy les Moulineaux, mon diplôme de l’ISG en 2002 en poche, je suis rentrée directement au Maroc, souhaitant participer à l’essor de mon pays.

J’ai occupé plusieurs fonctions et responsabilités en communication interne et externe au sein de diverses entreprises ; et j’ai mené plusieurs projets d’entreprenariat sous diverses formes.

Aujourd’hui Exécutive Coach en développement professionnel et personnel, j’accompagne en coaching individuel et d’équipes des dirigeants et cadres dirigeants dans leurs nouvelles responsabilités et dans les phases de transitions. J’ai ainsi contribué au développement des compétences et soft skills de centaines de collaborateurs en séminaires, workshops, ateliers de Co-développement et assessments.

 



FD : Tu as fait ton stage dans l'événementiel et tu as ensuite créé une société en retournant au Maroc. qu' est ce qui te motivait dans ce secteur ? Et peux tu nous parler de ton expérience ?

 

ZEH : Je l’ai fait après mon poste de chargée de communication à Welbhelp. J’ai toujours été attirée par des métiers de services et l’organisation d’événements en particulier. Chez Coca-Cola Entreprise, j’ai pu gérer en autonomie, des projets de grande envergure.

En rentrant au Maroc, j’ai alors intégré une agence d’événementiel reconnue à Rabat qui m’a permis de travailler avec des clients aussi différents que des entreprises privées, des organismes ou des associations. J’ai acquis une meilleure appréhension du marché marocain, ce qui me manquait à mon retour de France et approfondi mes connaissances dans la gestion des événements comme le festival Mawazine de Rabat ou le Trophée Hassan II de Golf.

Ayant toujours eu un esprit entrepreneurial, j’ai décidé alors de créer une agence d’accueil et de servie à Rabat ; qui m’a permis de développer mon sens des responsabilités et de la gestion. J’ai aussi formé moi-même mes équipes au métier d’accueil et de services, et j’y ai pris goût.

 

 


FD : Tu as ensuite travaillé dans la communication comment on passe de l'événementiel à la com ?

 

ZEH : Je voulais avoir une vision globale de la communication interne et externe, l’événementiel étant une de ses composantes. J’ai alors postulé pour le poste de Chargée de communication au centre d’appels Welbhelp, qui était une création de poste, avec tout à construire. J’ai ainsi pu développer mes compétences managériales et ma créativité. J’avais besoin de comprendre et mettre en pratique les outils acquis dans des secteurs d’activités différents. J’ai été aussi responsable communication dans une société de plomberie et de climatisation. 

 

 

FD : Tu as ensuite décidé d'enseigner dans une école de commerce au Maroc, peux tu nous parler de ce qui t'a motivée dans cette démarche ? 

 

ZEH : Ayant un esprit patriotique, je pense que notre jeunesse est l'avenir de notre pays, et c'est en leur donnant les outils de développement personnel à leur âge, que demain, notre pays avancera. Je savais au fond de moi qu’un jour j’allais enseigner ayant le partage comme valeur essentielle ; de plus, plusieurs membres de ma famille exerçaient ce beau métier dans plusieurs domaines.  J’ai alors forcé le destin, en postulant directement dans des écoles privées et en faisant du porte à porte. Un directeur d’école m’a fait confiance, et je suis restée 12 ans dans cette école. Puis, avec mes contacts et mon sérieux, j’ai enseigné des modules en communication, puis en management dans d’autres écoles de commerce et de management, et j’ai été appelée pour animer des modules à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales et l’école nationale d’architecture, entre autres.

Enfin, chaque promotion et chaque classe me pousse à me questionner, à me développer, ce qui me stimule à aller de l'avant.

 

 


FD : Après avoir enseigné tu as décidé de te spécialiser dans le coaching et le management d'entreprises et individuel, quels sont les enjeux de ce métier et qu'est ce qui te motive chaque jour dans ce secteur ? Tu nous en parles ?

 

ZEH : A partir de 2009, je suis devenue formatrice professionnelle en Soft Skills, et j’ai ainsi travaillé sur des missions motivantes dans de grands groupes pour former des collaborateurs de plusieurs secteurs, quel que soit le niveau hiérarchique. Et en 2015, je me suis inscrite en ligne pour obtenir un MBA en «Management des Ressources Humaines » d’une université américaine.

 

Je crois profondément au potentiel de chaque individu et le coaching permet de se reconnecter à ses forces et ses talents pour élargir l’éventail des choix et permettre à chacun de déployer son potentiel. J’avais trouvé le métier qui me correspond le plus et dans lequel je savais que j’allais allier plaisir et challenges. Pour exercer le métier de coach, j'ai repris un travail sur moi-même : à travers un long processus d'introspection, de questionnement et de lecture (ma grande passion) sur le développement personnel, je me suis décidée à suivre une formation spécialisée. J’ai ainsi choisi de suivre ma formation professionnelle à Paris, à International Mozaik, école reconnue et certifiée par l’ICF et ACTP. Je suis aussi praticienne en Approche NeuroCognitive et Comportementale, certification obtenue par l’institut de NeuroCognitivism de Bruxelles ; certifiée en Intelligence Emotionnelle (EQ) et à l’outil DISC de TTI Success Insights. Et je continue encore et toujours, à me former régulièrement afin d’élargir et d’approfondir le champ de ma pratique : Programmation Neuro Linguistique, Process Com et plusieurs outils psychométriques (CTPI-R, Manage-R…).

 

Je participe à des missions de change-management en facilitant l’appropriation des changements stratégiques et organisationnels, en étant centrée sur le Capital Humain et en alignant les équipes autour de la vision et des axes stratégiques définis.

Mon approche favorise les prises de conscience et les progrès par une confrontation constructive et la reconnaissance des points forts. J’interagis avec des personnes différentes dans des métiers divers, et je rencontre des clients de plusieurs nationalités ; étant partenaire avec des cabinets spécialisés dans la formation et l’accompagnement des managers des pays d’Afrique subsaharienne et occidentale. Je suis alors amenée à me déplacer et à découvrir ces beaux pays.

 

Etre coach est avant tout une posture, une attitude. Le métier de coach professionnel se situe à la frontière de plusieurs domaines des sciences humaines et scientifiques ; le coach doit donc se mobiliser de manière holistique lorsqu’il accompagne ses clients : au niveau corporel, émotionnel et cognitif. Et l’enjeu principal est qu’un professionnel digne de ce nom se doit d’aligner sa pratique avec les règles de l’art et l’éthique de son métier, et d’en faire le point central de sa pratique. Le coach adhère alors à des valeurs nobles et veille chaque jour à préserver et défendre le coaching comme un métier à part entière, exigeant et demandant de réelles qualités et compétences. A travers ses actes, il fait reconnaître cette profession conduite par des acteurs de haut niveau. 

 

 


FD : Tu m'as dit être une femme de challenge, pourquoi te définis tu ainsi ?

 

ZEH : Déterminée et enthousiaste, dans ma vie professionnelle je choisis des missions complexes avec de réels enjeux stratégiques. Orientée business, j’aime comprendre concrètement les enjeux métiers pour allier performance économique et humaine. J’accompagne ainsi les dirigeants et les managers – en individuel et collectif – dans leur transformation : fusion, création de fonction, mise en place de nouvelles organisations et manières de travailler.

Dans ma vie personnelle, mon plus grand défi est de trouver cet équilibre entre ma famille, étant mariée et maman de 2 filles, mon travail qui me passionne et mes activités sportives (courses et yoga) et associatives.

 

 

FD : Peux tu nous parler du business au Maroc et aurais tu des conseils à donner ?

 

ZEH : Au Maroc, il y a une dynamique nationale de développement et de croissance dans beaucoup de secteurs d’activités: comme le port de Tanger Med qui s'est imposé comme un hub majeur pour le trafic maritime mondial ; ou le Boraq qui est le 1er TGV africain qui relie le Nord au Sud du Maroc qui porte une vision d'avenir de l'aménagement du territoire marocain ; ou encore l’université Mohamed VI Polytechnique qui se positionne comme un hub de recherche et d’innovation au service de l’Afrique et enfin le théâtre Mohamed VI, l'une des dernières œuvres de l'architecte anglo-irakienne Zara Hadid qui va drainer de la croissance par la culture. Le Maroc est entrain de s’imposer dans plusieurs domaines ; preuve en est la prestigieuse prestation de nos Lions de l’Atlas arrivés en demi-finale de la Coupe du Monde 2022 ; et la candidature du Maroc, avec l’Espagne et le Portugal pour l’organisation de la Coupe du Monde de Football en 2030.

 

Tout cela attire des investisseurs et de nouvelles compétences. Dans mon métier en particulier, les mentalités sont entrain de changer, surtout après le Covid ; et les entreprises comprennent l’importance de faire accompagner leurs équipes et leurs collaborateurs pour mieux s’adapter au changement et créer les conditions de la confiance et la motivation.

 

 

FD : Aurais tu un ou plusieurs souvenirs de l'ISG à partager avec nous et tu m'as parlé de tout ce que l'ISG t'avait apporté que pourrais tu nous dire à ce sujet ?

 

ZEH : Après mon baccalauréat, j’ai choisi de m’inscrire à l’université pour vivre une nouvelle expérience : se retrouver dans un nouveau pays et être livrée à soi-même. 

Les 2 ans de DEUG en Sciences Economiques et Sociales à la Sorbonne ont été constructifs, et c’est en arrivant à l’ISG que je me suis réellement épanouie. Les matières étaient passionnantes et l’école forme totalement au métier de gestionnaire d’entreprise. Cette pluralité de domaines et la diversité des étudiants m’ont permis de développer mon ouverture d’esprit et ma curiosité intellectuelle.

L’excellence du corps professoral, l’encadrement professionnel de l’administration et la vie associative très riche m’ont permis de me découvrir et de mieux me connaitre. J’ai développé ma confiance en soi et découvert certaines qualités comme l’audace ou l’organisation.

J’ai passé une belle année à la Junior Consulting, avec une équipe motivée et motivante. Notre 1ercontrat d’études de marchés a été un très bon souvenir.

Le 1er souvenir restera toujours mémorable : le fameux discours de feu notre doyen Dr. Mader, qui m’a fait sentir être un bon endroit au bon moment !

Je souhaite aussi rendre hommage à un de mes camarades de promo, Erwann - Paix à son âme-, qui nous a quitté en 2eme année d’école, suite à un accident de moto. Son enterrement a été un souvenir indélébile auquel tous les étudiants, le corps professoral et l’administration de l’ISG était présent.

 


FD : Enfin, tu fais du bénévolat, ta grand mère a créé le premier orphelinat pour jeunes filles au Maroc en 1956 tu es très engagée dans cette noble cause , tu peux nous en parler ?

 

ZEH : La cause des filles au Maroc a toujours été le leitmotiv de feu ma grand-mère Malika El Fassi, seule femme signataire du manifeste de l’Indépendance du Maroc et qui a milité notamment pour le droit des votes des femmes, le droit à l’enseignement des filles et l’interdiction du mariage des mineures. 

Elle a été une des fondatrices du 1er orphelinat pour filles - de 06 à 18 ans - à Rabat, crée en 1956 avec l’indépendance du Maroc. L’association Al Mouwassat est une association à but non lucratif, reconnue d’utilité publique, qui en plus d’héberger et de gérer les besoins de 120 filles en moyenne, apporte son aide à des familles nécessiteuses ou des personnes malades.

Depuis mon adolescence, je l’accompagnais souvent à l’orphelinat avec ma mère. Et c’est naturellement que j’en suis devenue membre ; plus active depuis son décès en 2007, puisqu’aujourd’hui je suis trésorière adjointe et ma mère en est présidente.

Nous organisons des événements de toutes sortes pour soit offrir des moments de détente et de plaisir aux orphelines soit pour les sensibiliser à des sujets comme le harcèlement ou les menstruations. 

La femme marocaine actuelle est présente dans beaucoup de domaines, et des avancées notables ont été faites au Maroc. Sauf que le challenge est de continuer à l’accompagner et à lui donner la place méritée, tant au niveau national qu’international.

 

Merci Zineb ! 

 

Florence 




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