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10 juin 2021
Association

PORTRAIT D'ALUMNI : PHILIPPE KANAAN ISG 2009, HEAD OF OPERATIONS @ TASTER

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Florence Delsaux : Bonjour Philippe depuis ta sortie de l'ISG après avoir fait de l'audit chez KPMG tu as fait un grand écart métier que nous allons découvrir, peux tu nous parler de ton parcours depuis ta sortie de l'école ?

 

Philippe Kanaan : A la sortie de l'ISG, j'avais le besoin de parfaire encore ma connaissance de l'entreprise. Je ne voulais pas me spécialiser dans un domaine en particulier, et je sentais profondément que j'avais besoin de comprendre comment une entreprise fonctionnait dans sa globalité pour attaquer mes futures expériences. C'est pour cela que j'ai choisi de faire de l'audit, spécialisé dans la partie Retail, quelque chose de concret, dont je pouvais comprendre les problématiques. Je suis quelqu’un d’assez concret, terre à terre, donc cet axe business me correspondait. 

 

Cela a duré trois ans, ça c'est plus ou moins bien passé, mais j'en retire une bonne expérience car j'ai appris à travailler intensément et à être organisé. Après ces trois ans j'en ai eu un peu marre, finalement ce n'était pas aussi concret que je le pensais, j'avais besoin de quelque chose de plus humain. Concours de circonstances, dans le même temps ma soeur s'est avérée intolérante au gluten et au lactose et elle aussi tournait en rond dans son job. Le marché n'existait pas du tout, on a décidé de monter notre restaurant bio, sans gluten et sans lactose en plein centre de Paris! On a commencé à travailler sur le projet fin 2012, il a vu le jour au troisième trimestre 2014. On a fait trois belles années, une expérience exceptionnelle, où on touche-à-tout : opérations, finance, HR, marketing, management, admin. C'est là où l'entrepreneuriat a quelque chose de très fort, on est face à un vide de connaissance qu'on doit combler au risque de chuter. On n'a pas le choix : on doit solutionner tous les problèmes qui se présentent à nous! Il faut aimer sortir de sa zone de confort, et je pense que c'est un des leitmotivs que je considère le plus.

 

 



FD : Taster a un modèle économique qui est en train de évoluer qu'est ce qui a motivé l'idée de départ et vers quoi vous projetez vous actuellement ?

 

PK : Après la vente de restaurant en mai 2017, j'ai rejoint Taster 1 mois après comme salarié numéro 1 de la boîte. Le 1er business model et la structure juridique avaient déjà été pensés par Anton Soulier, un ex dirigeant de chez Deliveroo, un des 10 premiers salariés Deliveroo monde. Au travers de ses 4 années chez Deliveroo, il s'est rendu compte que les restaurants qui avaient un gros potentiel pour faire de la livraison n'avaient ni l'organisation opérationnelle ni la compréhension des algorithmes nécessaires pour assurer de la croissance et une expérience client exceptionnelle. Il s'est dit qu'il fallait donc construire quelque chose exclusivement autour de la restauration en livraison et proposer une expérience client adaptée pour satisfaire cette demande nouvelle. Suite à notre développement, nous avons aujourd'hui 10 Kitchens en propre dans 3 pays (France, Angleterre et Espagne) et 5 marques digitales. Mais dorénavant, nous avons décidé d'orienter notre business vers un développement en licences de marques : faire profiter nos marques digitales à la restauration dite "traditionnelle" en leur proposant un complément d'activité via le delivery. Nos restaurants partenaires continuent leurs opérations d'origine mais ajoutent une activité en delivery avec nos marques afin de générer une source de revenus complémentaires, et surtout de rentabilité. Certains de leurs espaces sont pas ou peu utilisés, et nous sommes là pour les aider à optimiser leurs business à travers notre expertise en delivery.

 

 

 

 

FD : Qu'est ce qui explique la raison de son succès ?

 

PK : C'est très simple : Taster vit avec son temps, et même, l'anticipe! Pour nous il a été naturel de prendre toutes les décisions qu'on a prises car on reste très à l'écoute du monde qui nous entoure, et de nos clients. Nous sommes une boîte extrêmement exigeante avec elle-même, qui se soucie énormément du détail. Nous sommes convaincus que chaque détail fait la différence, et que le client est et restera au centre de toutes nos attentions.

 

 

 

FD : Qu'est ce qui vous passionne chaque matin en arrivant au bureau ?

 

PK : Proposer la meilleure expérience client qui soit! Cette expérience client, nous en parlons toute la journée depuis le lancement de Taster. On ne peut pas travailler dans ce monde de la Food sans être obsédé par continuellement délivrer une expérience de haut niveau à tous nos clients, et ce de manière extrêmement stable dans le temps. Nos clients doivent ressentir quelque chose de différent en commandant nos marques, et doivent à tous les coups ressortir de cette expérience comme très satisfaits et excités de recommander.

 


FD : Quels sont les enjeux dans votre secteurs ? Et quels objectifs vous fixez vous ?

 

PK : On peut toujours parler de la concurrence qui arrive à grands pas. Mais bien que celle-ci s'accélère très significativement, conserver notre place de Leader Européen sur notre secteur n'est finalement pas ce que je trouve de plus challengeant. On a tout pour le rester si nous restons bien concentrés sur nos objectifs. Je pense que la concurrence est un signe très positif envoyé au marché, et qu'il faut encore plus se concentrer sur ses opérations pour continuer à bien grandir et faire sa place. Donc je préfère toujours que l'on se concentre sur soi avant tout. Pour moi, le challenge n°1 reste donc de continuer de proposer une très haute qualité de service tout en nous développant à vitesse grand V. Et quand je parle d'expérience client exceptionnelle, ce coup-ci je parle en B to B et en B to C. Nous devrons continuellement onboarder nos Partenaires dans de très bonnes conditions, continuer à améliorer notre Tech au service des opérations (algorithmes, nouvelles fonctionnalités Supply, suivi de statistiques, etc.). Plus nous accompagnons nos Partenaires et répondons à leurs besoins du quotidien, plus nous créerons un environnement sain capable d'absorber notre développement sereinement.

 


FD : Auriez-vous un souvenir de l'ISG que vous souhaitez partager ?

 

PK : Pleins! Je garde un super souvenir de l'école, et surtout j'ai gardé une très belle bande de copains, avec qui d'ailleurs on était partis en Argentine. Ils sont encore aujourd'hui parmi mes meilleurs amis (Rody, Pedro, Willy). Un souvenir? Peut-être un très fort pour moi. Lors de l'oral final pour mon mémoire de fin d'études, 4 jury étaient présents. Ils m'ont demandé dans quel secteur je voulais m'orienter après l'ISG. Je leur ai répondu l'audit, dans un des Big 4 (KPMG). Ils n'étaient pas très convaincus que ça correspondrait vraiment avec mon profil et de ce qu'ils avaient compris de moi. Mais ils m'ont dit "Si tu penses que c'est ce que tu veux faire, vas-y, fais-le. Tu en apprendras certainement des choses qui te feront mûrir et qui t'amèneront vers d'autres projets. Fonce!". Je les ai écouté, j'ai foncé, et cela m'a amené vers d'autres projets dont je suis très fier aujourd'hui.


Merci Philippe !

L'équipe d'ISG Alumni




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