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17 novembre 2021
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PORTRAIT D'ALUMNI : STEPHANE MORIOU ISG 94, FONDATEUR DE MOREHUMAN , SPEAKER@THE ART OF FEED-BACK, ACTEUR@BACK TO THE FEED BACK, PARTNER@FASTERCLASS

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Florence Delsaux : Bonjour Stéphane,  pouvez vous nous parler de votre parcours depuis votre sortie de l'ISG ?

 
Stéphane Moriou : Bonjour Florence , Vous voulez dire : comment on sort de l'ISG et on se retrouve 20 ans plus tard conférencier à parcourir le monde à parler de feedback avec un affreux pull de grand-mère ? (rires)

 

Il y a un fil rouge, mais il est surtout le fruit du hasard et de rencontres. J'ai trois vies en une : une vie de consultant en management qui est mon métier depuis plus de 25 ans (dans des grands groupes internationaux puis dans des structures que j'ai créées), une vie de chercheur en psychologie (dans le domaine de la personnalité, de l'évaluation et du feedback) , et une vie de dirigeant d'entreprise (comme DRH d'un groupe de 4500 personnes, comme l'un des présidents de ManpowerGroup et comme entrepreneur). 

 

Le marché m'a petit à petit spécialisé sur un thème particulier : le feedback. Depuis plusieurs années maintenant, je parcours le monde pour apprendre aux gens à pratiquer cette langue particulière qu'est le feedback. Et le gilet de grand-mère qui m'accompagne est devenu une signature de ce que le feedback devrait être. 

 

 


FD : Vous avez créé vôtre première entreprise en 2001 , vous parlez dans un article de la prise de risque liée à l'entreprenariat Pourquoi est- ce si important  pour vous de parler la prise de risque là où beaucoup y voient juste une liberté ?

SM : Il y a le rêve de l'entrepreneur. Et il y a la réalité. La vraie liberté de l'entrepreneur, c'est probablement un esclavage librement consenti. Quand je parle de prise de risque dans cet article, je veux dire que la récompense est toujours proportionnelle à l'effort consenti et que le propre de l'entrepreneur, c'est d'emprunter des sentiers qui n'ont pas encore été balisés. 

 

Le plus gros risque que j'ai pris quand j'ai lancé ma première société en 2001 a été de renoncer à mes droits au chômage. C'est l'une des meilleurs décisions de ma vie. J'avais déjà 3 enfants à l'époque - j'en ai 6 aujourd’hui - et j'avais mis toutes mes économies dans le lancement de ma startup. Sans filet financier, je n'avais qu'une option : me battre pour réussir. 

 

20 ans plus tard, je ne sais pas si je serai capable de reprendre le même risque. Alors je me contente de le donner en conseil...

 

 


FD : Le management,  le coaching sont aussi une de vos fibres , qu'est ce qui vous passionne dans l'humain ? 

SM : Tous les humains se ressemblent et pourtant, ils sont tous différents. J'aime comprendre cette dualité, l'analyser, la mettre en équation. Après l'ISG, mes études en psychologie différentielle et en psychométrie m'ont permis de mettre des concepts et de mots derrière ce que j'observais. Cette passion ne m'a jamais quitté depuis. 

 

Mais surtout, le destin m'a montré que j'avais une certaine utilité et j'espère un bout de talent dans cet univers. J'ai eu la chance de former des dizaines de milliers de personnes dans ma carrière et j'espère avoir touché la vie de quelques unes. Rien ne me rend plus heureux que de savoir que j'ai pu mettre un peu de confiance, d'envie, de joie dans les yeux de quelqu'un. 




FD : Si vous aviez un conseil à donner à un jeune qui se lance dans le management quels sont les enjeux de ce domaine au présent et au futur ?

SM : Je partagerais un conseil que l'on m'a donné à mes débuts : pour être un bon manager, il faut aimer profondément les gens et apprendre à parfois être méchant. Le management 100% bienveillant, l'impératif du bonheur au travail sont des leurres. La réalité, c'est qu'être manager, c'est composer au quotidien avec ce qu'il y a de plus complexe au monde : le cerveau et le coeur des autres. 

 

La bonne nouvelle, c'est qu'être manager, cela s'apprend. Ce qui est clé, c'est de comprendre qu'il faut consacrer du temps à se former, à apprendre des autres, à se remettre perpétuellement en cause. Etre manager, ce n'est pas un titre, c'est un chemin qui permet au final de mieux se comprendre soi-même afin de mieux servir la société. 

 

J'aurais mille autres conseils à donner. Mais pour cela, il faudra que l'on se rencontre (rires). 



FD : Qu'est ce qui vous passionne chaque jour dans votre métier ?

SM : Quand un enseigne, deux apprennent, dit le dicton. C'est la force de l'économie du savoir. Dans mon monde, quand on partage, on ne divise pas, on multiplie. Cela révèle une sorte de miracle de la vie. Ce qui me passionne au quotidien, c'est qu'en apprenant aux autres, j'apprends en permanence. J'écris actuellement un livre. J'y écrivais récemment : la connaissance croit de façon linéaire alors que l'ignorance croit de façon exponentielle. Plus je sais, moins je sais. 

 

Ce désir de savoir ne m'a jamais quitté et c'est celui qui m'anime depuis que je suis tout petit. J'ai découvert il y a quelques années mon livre de bébé. Maman y avait consigné que mon premier mot avait été : pourquoi ? Ce mot là ne m'a jamais quitté depuis. 


FD : Auriez vous un souvenu de l'ISG que vous pourriez nous partager ?

SM : Un des moments qui m'aura le plus marqué est mon oral de sortie. A '’époque, je travaillais à New-York dans une agence marketing. J'étais tellement absorbé par mes projets que j'ai oublié mon oral !!! Un ami qui passait juste avant moi a eu la gentillesse de m'appeler pour me dire que le jury m'attendait. Je suis arrivé en sueur et très en retard au Wall Trade Center. 

 

Le jury m'a fait attendre jusqu'à la fin de la journée, me laissant croire qu'ils ne me prendraient peut-être pas. Or un zéro équivalait à un diplôme refusé. Quand la porte a fini par s'ouvrir, j'ai introduit mon oral avec le propos suivant : "Dans le premier amphi que j'ai eu en intégrant l'école, le Doyen Mader nous a dit que l'école était là pour nous faire passer de 100% étudiants à 100% professionnels. J'ai dû trop écouter le Doyen."

 

J'ai fini mon oral avec un 18/20. 

 

 

Merci Stéphane ! 

L'équipe d'ISG Alumni 

 




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